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Premiers pas en milonga : l’invitation pour les débutants

par le

Sujet anxiogène pour les débutants de tango argentin qui fusionnent avec le bar mais pas seulement, voici quelques trucs qui permettront de mieux vivre ce moment parfois gênant.

L’invitation rappelle souvent des problématiques qui datent de l’enfance. La peur de collégien de rester sur la touche comme lors de la formation des équipes en sport co’. La peur de déranger, ou d’inviter quelqu’un de bien meilleur, qui va s’ennuyer. La peur d’un refus net et tranchant à la hauteur de nos premiers gros râteaux d’ados.

Les tangueros font peur

Beaucoup d'apprentis ressentent le sentiment déagréable d'être en décalage avec un monde qu'ils ne comprennent pas. En effet l'attitude des tangueros peut parfois paraître austère et snob et cela peut décourager le nouvel arrivant. La posture du tango et les visages graves des danseurs concentrés y sont pour quelque chose. Les femmes et les hommes se sont fait tous beaux … Ca intimide! Il y a alors une part de fantasme du débutant qui pourra se sentir exclu de ce monde étrange.

Dans le monde réél ce sont des gens tout à fait normaux, avec leurs angoisses qui sont souvent les mêmes que vous. Ils sont accueillants et bienveillants envers ceux qui prennent la peine de perséverer et d'entrer dans leur monde. 

Croiser un tanguero dans la rue est le meilleur moyen de casser cette image. Sans maquillage, lentilles de contact et habillé normalement ce n'est plus la même personne. Combien de fois j'ai entendu "C'est marrant de te voir dans le civil !".

 

Ce que je ressent quand je veux m'intégrer à une milonga

 Ce que je ressens quand je vais à une milonga que je ne connais pas

 

La peur de déranger

C'est normal de ne pas avoir confiance en soi en bal ! Les danseurs de tango sont bienveillants envers les nouveaux. Si des danseurs confirmés vous invitent profitez-en ! Laissez vous portez et profitez en sans vous mettre la pression.

Sentez-vous donc légitime à leur écraser gentillement les pieds, à rater vos croisés et assumez vos ochos peut-être laborieux. S'ils manifestent un mécontentement, dites-vous que vous n'êtes pas tombé sur danseur si bon que ça. En effet un tanguero confirmé est capable de deviner votre niveau rien qu'à votre posture et votre langage corporel et il n'aurait pas du vous inviter s'il n'était pas capable d'assumer une danse avec un tanguero débutant.

 

La peur de rester sur la touche

Lorsqu’une nouvelle tanda débute il y a une sorte de course au partenaire qui commence. Rapidement les couples se rejoignent sur la piste avant que le danseur novice n’ait le temps de se lancer.

Il est inévitable de devoir rester sur la touche par moment. C’est l’occasion d’observer le bal et d'étudier comment s'y prennent les autres danseurs. Comment font ceux qui sont invités ? où se placent ils ? Quelle attitude prennent-ils ? Quels sont les codes vestimentaires de l’endroit ? 

Mais que les débutants se rassurent, à force de venir vous finirez toujours par être invités. Les tangueros ressemblent aux chats, ils sont autant farouches que curieux et il y aura toujours quelqu'un qui aura envie de découvrir un danseur qu'il a vu plusieurs fois mais avec qui il n'a pas encore dansé.

En gardant le sourire et la bonne humeur (rien ne donne moins envie de danser que quelqu'un qui tire une tronche de 6 pieds de long), les danseurs parleront de vous et vous inviteront. Même si ça prend du temps, il faut garder en tête que le tango demande toujours de l’engagement que ça soit lors de l’apprentissage ou du bal, et que le jeu en vaut toujours la chandelle.

 

La peur du refus

Se prendre un refus c’est dur. En prendre plusieurs dans la soirée c’est un coup à fissurer un égo en béton armé. Pour la personne qui refuse ça n’est pas très agréable non plus et elle acceptera parfois à contrecoeur une tanda plutôt que de devoir jouer le rôle de bourreau des invitations. C’est pourquoi les tangueros utilisent une technique ultra rodée qui permet d’éviter tout ça : La Mirada.

Le principe est simple : Il suffit de croiser le regard d’un autre danseur et si celui ci maintient le regard, le les deux danseurs vont incliner la tête (le cabécéo) pour valider l’invitation. Il va  ensuite aller à la rencontre du guidé pour se retrouver sur la piste.

Si l’un des deux ne souhaite pas danser avec l’autre, il n’a qu’à détourner la tête et personne n’est vexé. Facile non ?

Et bien pas tant que ça finalement, car depuis l’enfance on nous éduque à ne pas fixer les adultes car "ça ne se fait pas, c’est mal poli". Même avec les animaux de compagnie nous ne sommes pas libre de les fixer dans les yeux tranquillement sans risquer un coup de pate rageur ou de se faire niaker les mollets. Il s’agit presque d’un instinct de survie qu’il va falloir dominer !

La difficulté pour le débutant sera donc d’assumer un regard franc en direction de l’autre et ensuite de soutenir le regard. Mon astuce est d’essayer de planter mon regard dans la personne avec qui je souhaite danser avec en tête l’image de l’oncle Sam le doigt pointé disant “we want you !”.

Avec le sourire et le tour est joué !


Au tango argentin la mirada fait partie des fondamentaux et participer à ce jeu de regards vous permettra de danser avec plus de monde, car beaucoup n’acceptent l’invitation qu’avec cette technique. Les tandas qui suivront n’en seront ensuite que meilleures car vous aurez l’assurance de danser avec une personne qui souhaite vraiment danser avec vous.